A la découverte de Google Suite pour l’éducation, épisode 1

Les géants d’internet et de l’informatique sont attentifs au monde de l’éducation. Chacun propose sa solution adaptée à l’école, que ce soit Office 365 pour l’éducation de Microsoft ou Google Apps pour l’éducation, récemment rebaptisé G Suite pour l’éducation. Il faut dire que les enjeux sont gigantesques :

  • Il s’agit tout d’abord d’habituer les enfants à des solutions logicielles afin qu’ils les utilisent devenus adultes.
  • L’utilisation de Office 365 invite bien entendu à la suite bureautique Office de Microsoft, qui est elle payante. L’utilisation en ligne est donc gratuite pour l’éducation. En revanche si vous voulez travailler en dur sur les postes et installer les solutions logicielles, il faudra mettre la main à la poche.
  • A chaque solution correspond enfin un écosystème. L’écosystème Windows pour Microsoft, l’écosystème Android et Chrome OS pour Google. Les Chromebooks sont peu utilisés en France. En revanche, ils sont bien présents dans les établissements scolaires au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Je n’ose imaginer les enjeux financiers qui se cachent dernière ces solutions logicielles en ligne proposées pour l’éducation.

 Toujours à la recherche de nouvelles solutions plus adaptées au fonctionnement de ma classe et à mes petits élèves, j’ai surmonté mes réticences de libriste et ai inscrit mon établissement afin d’avoir accès aux deux solutions. La solution Google est celle que j’ai pour l’instant le plus pratiqué. C’est donc sur celle-ci que je vous propose de faire le point. Un billet ne suffisant pas, vous aurez donc le droit à un retour d’expérience en plusieurs posts.

La souscription à G Suite

Premier constat, une fois l’autorisation de ma principale obtenue, la souscription à la solution Google a été rapide et facile. Il a suffit d’un formulaire en ligne, de quelques échanges d’emails. Google a même eu la délicatesse de me passer un petit coup de fil pour s’informer de mon projet et des questions éventuelles que je pourrais me poser.

Une fois le contrat souscrit, un délais de quelques jours a été nécessaire pour que le compte éducation soit validé. Juste le temps de découvrir l’interface de la solution dans sa version bridée. Afin d’obtenir la validation, il vous faudra cependant mettre un peu la main à la poche, car  l’établissement devra acquérir un nom de domaine. Rien de rédhibitoire, l’achat d’un nom de domaine étant proposé au moment de la configuration pour 8 euros par an. Mais ce n’était pas prévu au départ et j’étais parti pour une solution totalement gratuite…

L’interface d’administration est relativement simple et ne rebutera pas les enseignants habitués au bidouillage intensif et aux réseaux informatiques. Pour les autres, un peu plus de réflexion s’imposera mais rien de bien chronophage.

google_admin

Mon premier réflexe a été bien entendu de créer mes comptes utilisateurs avec une volonté : ne pas surcharger les élèves de codes. Cela tombe bien, Google propose d’importer la base d’utilisateurs à partir d’un fichier .csv comportant nom, prénom, login et  mot de passe. J’exporte du coup les comptes du serveur pédagogique dans un fichier texte que j’ouvre ensuite avec Libre Office. Je mets ensuite les colonnes dans le bon ordre avec les bons intitulés et j’importe le tout chez Google. Il a simplement fallu, pour respecter les paramètres de sécurité des mots de passe Google, rallonger les mots de passe de mes élèves en rajoutant clg devant. Rien de bien difficile, et je me suis d’ailleurs aperçu peu après qu’il était même possible d’avoir la main sur la longueur des mots de passe. J’aurais donc pu éviter cette dernière manipulation.

En tout, pour créer les comptes de mes élèves de 3ème, il m’a fallu 40 minutes, découverte de l’interface comprise.

google_import

Le plus long a été ensuite de créer des classes dans lesquelles classer les utilisateurs pour que la console d’administration garde une apparence logique. Vous n’y êtes pas du tout obligé, mais il n’empêche que Google aurait pu prévoir la création et l’importation de groupes en même temps que l’importation des utilisateurs.

A partir de là, mes élèves avaient potentiellement accès à G Suite pour l’éducation, c’est-à-dire à toute la suite bureautique Google en ligne : Docs pour le traitement de texte, Slides pour les présentation, Sheets comme tableur-grapheur… A cela s’ajoute Gmail, Sites, Agenda, Google+, le Drive avec un espace de stockage illimité… sans compter l’application Classroom dont nous reparlerons très rapidement dans un prochain post.

Remarque important, l’administrateur reste totalement maître de ses utilisateurs. Il peut en créer et en supprimer à volonté, changer les mots de passe à la volée, contrôler l’utilisation qui est faite des services etc. Google nous laisse la main, y compris à partir d’un téléphone Android puisqu’une application existe pour cela. Il est même possible d’activer/désactiver chaque fonctionnalité à volonté, pour la totalité ou seulement une partie des utilisateurs. Si vous craignez une utilisation abusive de Gmail ou de Google+, il suffit de les désactiver.

google_applications

Mes élèves espionnés par Google ?

Non, je n’ai pas aboli toute raison et laissé mon libre arbitre ainsi que celui de mes élèves au grand méchant Google. Il est bien entendu que les données stockés sur les serveurs Google sont chez Google. Mais il n’en demeure pas moins que la solution éducation proposée propose un certain nombre de garanties dont certaines intéressantes :

  • La désactivation des annonces publicitaires, y compris quand le moteur de recherche Google est utilisé ;
  • Les données des élèves ne sont pas collectées et ne sont pas utilisées à des fins publicitaires ou pour créer des profils d’annonce ;
  • Les emails ne sont pas utilisés à des fins publicitaires ;
  • Le domaine dans lequel se trouve les utilisateurs de l’établissement est indépendant. Lorsqu’ils utilisent Gmail ou souhaitent partager un document, les élèves ont accès à l’annuaire des personnes de l’établissement. Le partage du travail avec le professeur ou un camarade est donc un jeu d’enfant ;

Après des années de lutte pour faire utiliser Qwant ou Duckduckgo par mes élèves, force m’a été de constater qu’ils continuaient envers et contre tout à utiliser Google. L’utilisation de G Suite pour l’éducation a au moins l’avantage de les mettre à l’abri de la publicité et de la collecte de données.

Juste un petit point de vigilance. Lorsque vous utilisez ce type de solution avec les élèves, pensez à obtenir une autorisation des familles, ce qu’elles octroient bien volontiers, ou à inclure l’utilisation de l’application dans la charte informatique de l’établissement. Cela vous permettra d’être dans les clous au niveau juridique.

Dans le prochain billet, qui ne devrait pas tarder, j’évoquerai la mise en oeuvre auprès des élèves et mes premières utilisations pédagogiques.

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